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Le Tarot et la théorie égyptienne L'hypothèse d'une origine égyptienne du Tarot vient d'Antoine Court de Gébelin (les cartes maudites venues d'Égypte). L'association à l'Égypte semble provenir d'une tendance à l'égyptomanie propre à l'époque de la fin du XIXe siècle, et du fait qu'on a pu désigner comme hiéroglyphes les images censées cacher un sens secret dans une représentation codifiée. Romain Merlin balaya cette hypothèse en 1869. L'idée fit florès à une époque où l'égyptomanie était en vogue - phénomène qui allait s'amplifier avec la campagne d'Égypte, et fut récupérée par divers occultiste : Etteilla, Papus, Éliphas Lévi ou encore Aleister Crowley. La théorie reprise par Etteilla dans son ouvrage Manière de se récréer avec le jeu de cartes nommé Tarots en 1781, inspira l'auteur à en créer différentes versions en jeux de cartes (Le grand Etteilla et Le Grand Etteilla II, jeux dits égyptiens) de même que Papus allait le faire en 1889, récupérant au passage l'association aux bohémiens avec un tarot des bohémiens, et encore par exemple R. Falconnier en 1896 avec les XXII lames hermétiques du Tarot divinatoire. Pour Éliphas Lévi, l'origine du Tarot connu en son temps (qu'il attribue de manière erronée à Jacquemin Gringonneur) serait juive et il serait seulement inspiré d'une manière détournée par l'alphabet de Thauth. Cette théorie a entraîné la perpétuation des spéculations des occultistes cités plus haut et inspiré la création et la diffusion de nombreux jeux de Tarots tels les Tarots Égyptiens depuis les années qui ont suivi la publication du livre d'Etteilla jusqu'au XXIe siècle, par diverses maisons d'édition.
Le motif dit strictement de Marseille est caractérisé par différents aspects communs aux Tarots qu'on regroupe précisément sous ce terme : Les arcanes majeurs L'ordre des 22 atouts numérotés en haut de la carte avec leurs noms en bas de la carte (avec de légères variations dans l'orthographe et la graphie) : I bateleur II papesse III impératrice IIII empereur V pape VI amoureux VII chariot VIII justice VIIII ermite X roue de fortune XI force XII pendu XIII mort (cartouche du nom parfois absent) XIIII tempérance XV diable XVI maison dieu XVII etoile XVIII lune XVIIII soleil XX jugement XXI monde un Fou (fol, mat) non numéroté. Ce sont des cartes numérales à enseignes italiennes. Les arcanes mineurs Les points ou cartes numéraires du Tarot de Marseille reprennent les couleurs des cartes à enseignes latines, enseignes italiennes et plus rarement enseignes espagnoles, en y ajoutant une carte numérotée dix pour chaque couleur. Les honneurs, têtes ou figures possèdent en plus du Valet, du Cavalier et du Roi, une Reine. La structure se fonde sur les 4 couleurs (parfois désignées comme enseignes ou anciennement peintures) des enseignes latines : le bâton , la coupe , le denier , l’épée. Pour chaque couleur on trouve donc dix cartes numérales (de l'As au 10) et quatre figures (valet, cavalier, reine, roi), soit quatorze cartes par couleurs et un total de cinquante-six cartes. Le tarot compte donc au total 78 cartes.
Le Tarot Le Tarot dit de Marseille désigne un ensemble de cartes à couleurs “latines” avec des allégories médiévales et Renaissance bien reconnaissables sur les atouts. Depuis la fin du XVIIIe siècle, il est associé à la Taromancie (cartomancie utilisant le Tarot). L'appellation Tarot de Marseille ne se rencontre pas avant 1859 sous la plume de Romain Merlin. Elle est utilisée ensuite par Papus qui présente, dans Le Tarot des Bohémiens (1889), au chapitre IX, les diverses formes du tarot : Le Tarot italien, celui de Besançon, celui de Marseille sont les meilleurs sans contredit que nous possédions aujourd'hui, puis elle est popularisée à partir de 1930 par Paul Marteau qui choisit d'intituler un tarot destiné au marché de la cartomancie Ancien Tarot de Marseille. L'expression Tarot de Marseille désigne dans son acception plus restreinte un type graphique de jeux de tarot bien particulier, version francisée d’un modèle italien (sans doute milanais), probablement né à Lyon au XVIe siècle et répandu ensuite dans les zones françaises où étaient produits les Tarots. Le type dit « Tarot belge à couleurs latines » (ou « Rouen-Bruxelles ») a coexisté en France (avant de passer en Belgique) au XVIIIe siècle. (Le « Tarot bruxellois », indiqué par une source allemande de 1772, désigne les tarots à couleurs françaises faits à Bruxelles.) Le Tarot de Marseille n’est pas né à Marseille, où l’on ne fabrique de cartes à jouer que depuis 1630. Le Tarot dit, tout aussi abusivement, de Besançon est une variante du Tarot de Marseille, née probablement à Strasbourg au début du XVIIIe siècle et où deux cartes, vraisemblablement jugées blasphématoires, la Papesse (atout II) et le Pape (atout V), sont remplacées par Junon et Jupiter. Sa production à Besançon tout au long du XIXe siècle (et alors qu’on n’en faisait plus à Strasbourg) lui a valu ce nom, lui aussi connu de Merlin et Papus.
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